Juin = charnière

CharnièreJe suis entrée de plain-pied dans la quarantaine en juin dernier.

Je vous vois d’ici perplexe. N’ai-je pas eu 40 ans il y aura bientôt trois ans?

Je terminerai bientôt 43 révolutions sur cette bonne vieille Terre et j’entamerai ma 44e par la même occasion, oui. Cela dit, il y a toujours eu décalage entre ma raison, mon coeur et mon corps. (Du genre que mes instituteurs et mes professeurs ont souvent demandé à mon père de me faire sauter une — parfois deux! — année(s) scolaire(s) et que celui-ci a toujours refusé par souci d’adaptation normale et d’insertion sociale. On l’en remercie d’ailleurs, malgré ses propres incapacités.)

Non. Je vous parle évidemment d’âme, de bonheur, de comportements et de choix de vie.

(Aparté, avant de recevoir le jugement de certains parents : ce qui suit s’applique à une vie sans enfants. Et pas nécessairement par choix si vous voulez (devez?) *vraiment* le savoir. Merci de bien vouloir respecter cette expérience. Pommes/oranges, enfants/pas d’enfants, même combat. Ok? Ok.)

Je parle de ce moment où on décide de laisser derrière soi toutes les années où on a pensé « Je l’ai donc l’affaire » alors qu’en fait, on n’est qu’au tout (tout) début d’une grande aventure (j’allais écrire montagne russe). On ne l’a jamais vraiment l’affaire. Dans ma trentaine, je pensais tout savoir (boy, was I EVER wrong) et j’avais une arrogance directement proportionnelle à cette belle illusion. Ces années m’ont permis d’expérimenter la vie et de bâtir certaines assises, granted. Mais près de 13 ans plus tard, je me rends compte que ma vraie vie commence maintenant. L’expérimentation à venir atteint d’autres niveaux. Les assises qui restent à bâtir sont mille fois plus stimulantes. Je parle de ce moment où on accepte toutes les mauvaises décisions et les échecs, où on décide de se débarrasser définitivement des amitiés toxiques, où on arrête de vouloir faire comme le reste de la horde. Ce moment où on décide de dire fuck it — à ses imperfections (bien subjectives d’ailleurs), au regard que « les autres » portent et porteront sur toi, au discours qu’ils te prêtent (à tort ou à raison) — et de rejeter de tout ton être cette superficialité qui semble être le propre de notre époque et de certaines gens. Ce moment où tu comprends que la vingtaine et la trentaine, c’était super cool (et particulièrement alcoolisé), mais que la quarantaine, la cinquantaine et toutes les années qui suivront seront celles qui compteront davantage.

Mais je vous vois encore d’ici perplexe. Pourquoi juin dernier?

Première réponse : mon congé

Deuxième réponse : Jean

Il m’aura fallu un arrêt obligatoire (et une remise à zéro de l’ego) et mon premier vrai « Je t’aime » pour comprendre tout ça.

Y’était temps?

Y’était temps.

* * *

Vu récemment

Fur: An Imaginary Portrait of Diane Arbus (2007)

Visionnement qui s’inscrit bien dans ma quête de toute chose liée à la photo. Pas particulièrement aimé (ni détesté) le film – j’avoue avoir été biaisée dès le départ, n’aimant habituellement pas Nicole Kidman ni son jeu —, mais beaucoup aimé l’intérêt que celui-ci a suscité (de nouveau) en moi pour Diane Arbus.

Diane Arbus concentre son activité à New York et ses alentours, photographiant des inconnus dans la rue. Fascinée par les personnages hors-normes, elle photographie également des travestis, des transsexuels, des handicapés mentaux, des jumeaux, des nains, etc. (…) Par ses photos, Diane Arbus révèle combien l’étrange peut surgir de n’importe où. La très célèbre photographie Jumelles identiques (Roselle, New Jersey, 1967) met en scène deux fillettes habillées de la même manière, robe en velours à large col blanc, qui regardent le spectateur droit dans les yeux, en souriant légèrement. Le spectateur est mal à l’aise, car c’est le concept de l’identité, et plus précisément de l’unicité des êtres humains, qui est remis en question. Stanley Kubrick s’est d’ailleurs inspiré de ce cliché pour créer les jumelles du film Shining. (Source : Wikipedia)

Comme je l’ai déjà mentionné, j’aime les personnages complexes. Et créatifs. Et un peu torturés. Je redécouvre donc son oeuvre avec grand bonheur depuis quelques jours.

Petits bonheurs des derniers jours

Énergie un peu à plat, mais besoin de bouger et de reprendre des forces obligent, j’ai repris ma pratique de yoga (Sivananda) et de méditation à la maison. J’ai toujours aimé la routine de cette forme de yoga, tant dans ses 12 asanas (bien que j’aie encore un peu de difficulté avec mon « corbeau ») que dans la pratique du mouvement respiratoire (respirations complètes et alternées). Le prochain bonheur à ajouter à ce retour aux sources : un éventuel petit séjour à l’ashram de Val Morin. À suivre.

Dans un même ordre d’idée yogique (histoire de pratiquer mon karma yoga), j’essaie de reprendre un peu de bénévolat félin à l’animalerie à côté de la maison. Cette dernière ne vend pas d’animaux (je vous rassure), mais collabore avec plusieurs organismes dont la mission est de sauver et de trouver des furever homes aux chats et chatons abandonnés et errants. Plusieurs des chatons ainsi secourus doivent être socialisés avant de pouvoir être adoptés et l’animalerie en héberge parfois à cette fin. J’aime bien passer une heure ou deux avec ceux-ci quand c’est possible. (Et qui n’aime pas jouer avec des chatons, je vous le demande bien!) Un de ces organismes, dirigé par trois femmes uniquement, s’appelle le Pussy Patrol. On peut aussi les trouver sur Facebook ici. Si tu aimes les chats et que tu veux t’initier à la pratique (facile) du karma yoga, y a un site web à traduire et certainement de l’aide à offrir!

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